Le Parti du Travail de Belgique
25/01/2000

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Accidents de travail d'un
nouveau genre : les suicides

Trente-neuf suicides chez Belgacom, 1 suicide et 2 accidents de travail mortels à Cockerill Sambre Liège. A Renault-Douai, où une partie de la production de Renault-Vilvorde a été transférée, on a compté sept suicides et 20 décès en 1999. La question des conditions de travail, du stress, des cadences et des accidents sera un des grands enjeux des prochaines élections sociales.

Le reportage ´La chaîne du silence' de l’émission Faits Divers du 24 novembre 1999 nous a montré la souffrance de Francis Verstaen, ouvrier de VW, qui s’est tiré une balle dans la tête le 18 mai 1999, dans l’usine, en face du bureau du contremaître. Une accusation contre les systèmes de production introduits ces dernières années dans les usines.

La ‘nouvelle culture d’entreprise’ ou l’application des méthodes japonaises du genre management participatif et autres cercles de qualité a comme seul but d’organiser la concurrence entre travailleurs, de briser leur solidarité et comme au début du 19ème siècle de mettre le travailleur seul face à la machine, seul dans la production, seul face à la maîtrise. Ceux qui ne savent plus suivre la production se font engueuler par leurs propres collègues, en lieu et place du chef d’équipe ou de la maîtrise. Reproches, moqueries. Et aussi, le mensonge, le silence institutionnalisé comme dans la maffia: la direction a fait pression - le mot menace conviendrait mieux - sur la délégation pour taire cet accident. Heureusement, dans ce reportage, les délégués ont rompu ce silence.

Et finalement, la direction refuse de reconnaître ce qui est manifestement un accident de travail: nier la réalité, parce qu’elle nuit à l’image de l’entreprise Volkswagen.


Vous stressez, nous empochons

La nouvelle culture d’entreprise est une suite logique de la compétitivité. A Cockerill Sambre, par exemple, on attend de chaque travailleur qu’il amène son entreprise à un niveau d’excellence mondiale. Mais où se trouve la limite de la compétitivité? Compétitif avec qui? Avec les ouvriers du Brésil, de Corée du Sud, de Moscou, ceux qui doivent se contenter de 100 F de l’heure?

Pourquoi la compétitivité? Ici, rien de nouveau, pas de nouvelle culture. Il faut être compétitif pour garantir un bénéfice de 12% voire 15% aux capitalistes actionnaires de Cockerill-Usinor. Vous stressez, nous empochons. Telle est leur devise…


Ne plus accepter l’inacceptable

C’est ce que les travailleurs et leurs délégués de Cockerill Sambre-Ferblatil ont fait. Le 04 janvier dernier à 4 heures du matin, un ouvrier, travaillant seul, est coincé entre une tôle et le mur. Thorax écrasé et trois côtes cassées. C’est la première fois depuis la série noire d’accidents à Cockerill (suite à l’application du plan H 2000) que les travailleurs et leurs délégués ont fait grève, posé des revendications et obtenu satisfaction.

Ils ont tiré les leçons du reportage: ils ont reconnu l’accident de travail, ont développé la solidarité et ont montré que cela concernait tout le monde. Grâce à leur passage à la télé locale, ils ont brisé le silence à l’intérieur et à l’extérieur de l’usine.


Certains stressent au travail, d’autres stressent de ne pas en avoir.

400.000 chômeurs complets indemnisés en novembre 1999. Plus 270.000 chômeurs âgés et pré pensionnés. Plus 600.000 temps partiels. Plus les exclus des allocations. Sans parler de tous ceux qui travaillent sous statut précaire: trois-quarts des embauches sont des contrats temporaires. Depuis 1985, le travail intérimaire a quintuplé...La technologie du vingtième siècle, mais les conditions sociales du dix-neuvième siècle...


Par Johan VANDEPAER
Pour le Parti du Travail de Belgique
Mardi, 25 janvier 2000, 15h59






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