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Compte rendu ARTE 12/10/2001 |
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Documentaire Agnès Lejeune et Eric Monami (Belgique, 1999 -1h11mn) Coproduction: RTBF, ARTE |
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Le 18 mai 1999, Francis Verstaen, 49 ans, ouvrier depuis onze ans à l'usine Volkswagen de Forest en Belgique, se tire une balle dans la tête sur son lieu de travail devant une vingtaine de ses collègues. Alertés par un article de presse, Agnès Lejeune et Éric Monami ont enquêté sur ce fait divers en apparence banal, interrogeant la famille et les collègues de l'ouvrier.
Victime d'un accident du travail en 1993, Francis Verstaen se plaignait de terribles douleurs aux reins. Le tribunal, cependant, suit la compagnie d'assurances de chez Volkswagen et estime qu'il n'y a aucun lien entre ses douleurs et l'accident. Diminué, dépressif, l'ancien ouvrier travailleur et consciencieux a du mal à reprendre le rythme imposé par la chaîne de montage automobile. Il subit des pressions tant de la part de l'encadrement que de ses collègues. Ses carnets intimes, retrouvés après sa mort, témoignent de son long calvaire, jusqu'au jour fatidique... Dans les mois qui suivent le décès de Francis Verstaen, sa famille reste sans nouvelles de la direction ou des collègues de l'usine. Suite à l'intervention des cinéastes, les bouches s'ouvrent enfin, timidement. Et c'est un réquisitoire terrible contre tout un système qui émerge peu à peu. Sur les circonstances du drame d'abord, on apprend que la chaîne ne s'est arrêtée que deux heures et que la préoccupation de l'encadrement était de la "remettre en marche le plus vite possible". De plus en plus automatisée, la production ne souffre aucun retard pour atteindre les "48 voitures de l'heure". Dans ce cadre, et de l'aveu même de ses collègues, "Francis gênait". Souffrant, il bloquait la polyvalence de la nouvelle organisation, mais n'osait pas réclamer un poste moins pénible: "Il avait peur qu'on le prenne pour un 'carotier', un profiteur. Il avait aussi peur d'être licencié." Les délégués syndicaux se sentent eux-mêmes coupables de n'avoir rien vu, rien fait, mais concluent pour le fils de Francis: "Je peux te dire que ton père n'était pas fou." En parallèle, un psychiatre analyse la dégradation du rapport au travail au cours des dix dernières années. Selon lui, les pressions sur la production ont supprimé la solidarité ouvrière: "Tout le monde est coincé: la condition pour tenir, c'est de ne rien savoir et de ne rien dire." Mais les conséquences sont terribles, car "en participant de nous-mêmes à des actes que nous réprouvons, nous sommes en train de ruiner la base même de notre humanité". Avec ses propres mots, un responsable syndical lui fait écho: il résume l'impossibilité de réagir à cet acte à l'intérieur d'un système capitaliste global, omniprésent et pourtant anonyme. La direction de l'usine demande toujours à son personnel de ne pas évoquer le drame, "par respect pour la famille".
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La Chaîne du Silence - Autopsie d'un suicide à l'usine 2002 - 2008 |
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