Le Vif / l'Express
11/10/2002

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FAITS DIVERS
10 affaires pour ses 10 ans

Quand le premier numéro de 'Faits Divers' a été diffusé, en septembre 1992, nous étions en pleine période des reality-shows», raconte José Dessart, l'un des deux producteurs du magazine mensuel de la RTBF Liège.

«Le vécu des gens devenait une matière première pour la télévision. Mais en n'exploitant que l'anecdote, ces émissions ont vite versé dans le voyeurisme. Au contraire, nous nous sommes toujours efforcés d'établir un dialogue respectueux avec les personnes qui nous confiaient leur récit. En limitant au strict minimum le commentaire journalistique.»

Quatre-vingt-sept émissions et dix ans - plus tard, la recette de «Faits divers» n'a pas bougé d'un iota. Avec un certain succès semble-t-il. Depuis ses débuts, l'émission attire entre 350.000 et 400.000 téléspectateurs. Une régularité étonnante qui réjouit, à juste titre dans le cadre des chamboulements annoncés à la RTBF, la dizaine de membres de l'équipe.

Mercredi à 20.20, La Une diffuse une émission spéciale pour les dix ans de «Faits divers». Le magazine revient sur dix «affaires» qui ont ébranlé la Belgique: le phénomène du car-jacking, le harcèlement et la déprime dans les entreprises, les erreurs médicales, l'affaire Dutroux... Chaque sujet est construit autour de trois axes: le rappel des faits, le travail des journalistes filmé par une seconde caméra et un nouvel entretien avec les protagonistes qui expliquent l'évolution de leur affaire et leurs relations avec les médias.

«Les émissions qui ont le mieux marché? Sans hésitation, il s'agit de celles consacrées aux deux travailleurs ayant mis fin à leurs jours, l'un était facteur, l'autre travaillait pour Volkswagen», répond la journaliste" Agnès Lejeune. «De nombreuses personnes se sont reconnues.»

«"Faits divers" n'est pas forcément plus neutre ou plus objective qu'une autre émission», estime pour sa part Robert Neys, journaliste lui aussi. «Une émission demande environ trois mois de préparation. Des 13 ou 14 heures d'images que nous ramenons, il n'en restera qu'une au final. Nous gardons les cartes en main et nous montons une histoire même si ce sont les gens qui la racontent. C'est le même mécanisme de structure dramatique que dans une fiction, le travail le plus important s'opère au montage.»

Quels sont les projets de l'équipe pour les mois à venir? «Continuer, tout simplement», confient ses représentants, réalistes et prudents. «Et continuer à ne pas choisir un sujet en fonction de sa capacité à bien passer en télé...»

De leur côté, les fidèles de l'émission n'auront pas manqué de remarquer les réponses politiques données à certains sujets abordés par «Faits divers» (et par d'autres) : le renforcement des droits des patients face aux médecins ou la loi sur le harcèlement au travail. Avec, en toile de fond, la reconnaissance (tardive) du statut de victime.

En dix années de travail, l'équipe de «Faits divers» s'est immiscée dans moult affaires délicates, souvent douloureuses, parfois sordides. Léon Michaux, l'autre producteur, revient sur les difficultés rencontrées par l'équipe: «Nous n'avons jamais pu rentrer chez Volkswagen ou dans un centre fermé. Dans les affaires d'enlèvements d'enfants, nous avons dû justifier notre position au sein même de la RTBF! Et, en général, nous savons que les histoires mêlant la famille et l'argent sont particulièrement difficiles à traiter.»


Propos recueillis par Laurent SMITZ
Pour le Vif / l'Express
n°41 du 11 octobre 2002


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