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DOSSIER
PRÉSENTATION DU DOSSIER
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Deux Français sur trois travaillent sans plaisir, ont conclu des sociologues au terme d'une étude publiée en début d'année(1). Bien sûr, cela ne signifie pas que deux tiers de nos concitoyens souffrent psychiquement au travail. Encore moins qu'ils vont faire une dépression d'origine professionnelle, voire une tentative de suicide sur leur lieu de travail. Mais cette enquête confirme, chiffres à l'appui, le constat de nombreux médecins du travail : à tous les niveaux hiérarchiques s'exprime une souffrance, liée notamment au sentiment de dégradation de l'activité. Menaces sur l'emploi ; nécessité d'être performant en permanence ; pressions de la hiérarchie qui évalue, vérifie l'adéquation des individus au poste à l'aune de critères de plus en plus abstraits ; contraintes de temps toujours plus sévères ; objectifs intenables ; travail répétitif et vide de sens ; manque de reconnaissance ; effondrement des collectifs… Les éléments objectifs entravant l'épanouissement dans le travail ne manquent pas. A cela s'ajoute parfois une politique de gestion du personnel visant à déstabiliser les salariés pour ne conserver que les plus résistants. Malgré cela, c'est rarement du côté du contenu du travail et de son organisation que l'on va chercher les causes de la souffrance mentale. Au contraire, de la psychanalyse au management, en passant par l'action syndicale et les salariés eux-mêmes, l'idéologie dominante éloigne du travail. Ainsi les psychanalystes considèrent-ils classiquement que le détour par le travail est un prétexte pour fuir la famille et la petite enfance, les seules vraies origines des désordres psychiques. S'agissant du management, dès qu'un salarié rencontre des problèmes psychiques, c'est dans la sphère privée que l'on tente de trouver des explications : divorce, fragilité, et même désordres hormonaux dus à l'âge… Les réactions syndicales ou des instances représentatives du personnel sont souvent très influencées par la prédominance de la question de l'emploi : le travail est d'autant moins critiquable qu'on a la chance d'en avoir un. Avec un travail quasi intouchable, les fausses pistes ne manquent pas : traque du hiérarchique pervers, revendication pour un suivi médical individuel dans les services à problèmes, stages de gestion du stress… Enfin, les patients eux-mêmes tiennent à distance la question du travail, car ils souhaitent avant toute chose pouvoir se réinsérer. Ce dossier va donc à l'encontre de nombreuses idées dominantes sur une question sensible qui fait souvent la une des magazines. Il transmet un message fort : le travail est un facteur puissant de construction de la santé mentale et d'épanouissement. Mais pas n'importe quel travail, effectué dans n'importe quelles conditions !
Par François DESRIAUX, rédacteur en chef |
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DOSSIER "Quand le travail perd la tête" :
o Présentation du dossier
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La Chaîne du Silence - Autopsie d'un suicide à l'usine 2002 - 2008 |
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