RTBF Magazine Actuel
28/05/2005

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Le magazine Actuel passe à la trappe !

Un an et demi après son lancement en grande pompe, le magazine Actuel n'est plus. Il lui reste encore un numéro, qui sera diffusé mercredi. Et puis, ce sera fini. La nouvelle a été officialisée hier après-midi par l'administrateur général de la RTBF en personne, Jean-Paul Philippot, qui avait pourtant tout fait pour sauver l'émission, en difficulté depuis des mois.

Il est vrai qu' Actuel était la pierre angulaire de la refonte des grilles de la RTBF dans le cadre du plan Magellan et que l'abandonner ne pouvait être considéré que comme un échec personnel pour Jean-Paul Philippot. Le projet, à la base, était de rassembler en un seul même grand magazine d'actualité les différentes émissions du mercredi soir de la RTBF comme Au nom de la loi ou Faits divers. Réaliser, en quelque sorte, un Envoyé spécial à la belge.

Mais, d'emblée, les problèmes se sont accumulés. D'entente au sein des effectifs, tout d'abord, où le manque d'homogénéité était flagrant, les équipes de Faits divers et d' Au nom de la loi n'ayant pas tout à fait la même conception du reportage. D'audiences, ensuite. Dès les premiers numéros, en janvier 2004, les chiffres ont été décevants. Seules les émissions consacrées au procès Dutroux ont marché, ainsi que celles sur l'extrême droite réalisées par Jean-Claude Defossé. Les autres, généralement, étaient en dessous des anciens magazines. Il y a un mois, Actuel connaissait même sa plus mauvaise audience, avec à peine plus de 90.000 téléspectateurs. A la même heure, la série Les experts: Manhattan sur RTL attirait 7 fois plus de monde!

Pourtant, malgré les mauvais résultats, Jean-Paul Philippot a essayé jusqu'au bout de sauver le magazine. Il y a un mois, il décidait ainsi de nommer André François (ex-présentateur de L'écran témoin dans les années 80) comme rédacteur en chef. A lui de proposer une nouvelle ligne éditoriale. Dans le même temps, il était décidé qu'à la rentrée, Actuel serait diffusé à 20 h 15 au lieu de 20h45. Et que l'émission bénéficierait d'un décor à part entière, non plus celui du JT. Fabienne Vande Meerssche, elle, devait rester présentatrice. Bref, Actuel semblait remis sur les rails. Mais les événements se sont précipités ces derniers jours!


Fabienne décide de partir...

Alors, que s'est-il passé? Il semble qu'entre André François et les équipes de l'émission, le courant n'est pas passé, pour employer un euphémisme. Finalement, jeudi soir, face à l'impasse dans laquelle se trouvait le programme, Fabienne Vande Meerssche annonçait qu'elle quittait Actuel. Dans la foulée, hier matin, André François faisait de même! Il ne restait plus à Philippot qu'à tirer les leçons de ces deux désistements de poids. Actuel était mort.

Fabienne Vande Meerssche n'a pas souhaité réagir à chaud à son départ. Mais elle a tenu à préciser qu'elle n'avait aucun désaccord avec André François. Au contraire, elle était totalement en phase avec son projet, mais ce sont les réactions des équipes d' Actuel, qui elles n'adhéraient pas au projet d'André François, qui l'ont convaincue de partir. Voilà qui donne une idée de l'ambiance qui doit régner dans les couloirs du boulevard Reyers...

La disparition d' Actuel est évidemment un terrible constat d'échec. Pour la RTBF, bien sûr, qui est au plus mal dans les sondages. Pour Fabienne Vande Meerssche, également, qui avait quitté la présentation du journal télévisé pour présenter le magazine.

Reste à voir de quoi sera désormais fait l'avenir. Jean-Paul Philippot a lancé hier un appel à projets pour de nouvelles émissions. Il y aura donc bien toujours un magazine d'information à la rentrée le mercredi soir. Reste à voir s'il s'agira d'une seule émission ou bien de plusieurs émissions mensuelles différentes qui passeront chacune à leur tour, comme c'était le cas avant. Le flop d' Actuel devrait servir de leçon et probablement inciter les dirigeants du service public à revenir à l'ancienne formule. Du moins, on peut l'espérer...

Par Frédéric SERONT
Pour La Dernière Heure
Le 28 mai 2005



La dernière édition du magazine Actuel

Le magazine de la RTBF tire sa révérence ce mercredi, à 20 h 45,
avec notamment le portrait de deux artistes aveugles

Cette fois, la page est définitivement tournée. Ce mercredi soir, Fabienne Vande Meerssche présentera pour la dernière fois Actuel. Comme nous l'expliquions dans nos éditions du week-end, l'administrateur général de la RTBF, Jean-Paul Philippot, a lui-même décidé vendredi de supprimer le magazine d'actualité, qui ne reviendra donc pas à la rentrée. Une décision qui était devenue inévitable non seulement face aux piètres résultats d'audience de l'émission, mais aussi en raison des dissensions qui existaient entre les équipes et le nouveau rédacteur en chef du magazine, André François. Si on ajoute à cela la décision de Fabienne Vande Meerssche de quitter le navire, on comprend qu'il n'y avait plus d'autre solution.

En attendant de découvrir quelle émission sera diffusée à la place en septembre, Actuel va tenter de partir en beauté. Au menu de ce soir, deux reportages, l'un sur la vente par une entreprise liégeoise de munitions à la Tanzanie, l'autre consacré à deux artistes aveugles. Dans ce sujet, signé par Christophe Reyners (auteur, la semaine dernière, du poignant Mariette), on suit le quotidien voilé de noir d'une reporter-comédienne et d'un photographe.

C'est à Paris, où ils vivent tous deux, qu'ils pratiquent leur art sous les regards souvent incrédules de ceux qui découvrent leur profession. "Je suis tout le temps dans ma chambre noire", dit Evgen, tandis qu'il tire le portrait d'une amie, en regardant dans le viseur. "Je suis... euh... aveugle", commence Ouiza, tout en préparant du café. Le mot ne sort pas facilement, elle pourtant dont c'est le métier. "Je ne supporte pas qu'on me regarde avec pitié, dit-elle encore. Et d'ailleurs, pitié de quoi?"

Ni l'un ni l'autre ne portent de lunettes noires, tous les deux usent et abusent des mots voir et prévoir. Pendant qu'elle triomphe sur scène dans Le malade imaginaire, il visite les musées, accompagné d'un autre artiste un peu barré. " J'ai besoin d'un regard inspiré, précise-t-il tournant le dos à un Matisse. Si on n'a rien à dire face à une oeuvre, c'est qu'on ne la regarde pas. Le verbe est le frère de l'image..." Chez eux, cette famille a rompu les liens. Ils travaillent à en tisser de nouveaux, jour après jour.

Par I.M. et F.S.
Pour La Dernière Heure
Le 1er juin 2005


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